Test du Xiaomi Black Shark : puissant à faire fondre les hardcore gamers

Telecom 5 days ago Frandroid 2

Le Razer Phone a lancé la tendance des smartphones pour gamers, et Xiaomi a lancé sa nouvelle marque Black Shark pour se placer sur ce terrain. Mais son premier modèle est-il digne d’avoir une telle classification ? Nous l’avons éprouvé dans ce test.

Fiche technique

Modèle Xiaomi Black Shark
Version de l'OS Android 8.0
Interface MIUI
Taille d'écran 5,99 pouces
Définition 2160 x 1080 pixels
Densité de pixels 403 ppp
SoC Snapdragon 845 à 2,8GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 630
Mémoire vive (RAM) 6 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go, 128 Go
MicroSD Non
Appareil photo (dorsal) Capteur 1:12 Mégapixels, Capteur 2: 20 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 20 Mégapixels
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Oui
Bluetooth 5.0 + ADP + aptX + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7)
SIM 2x nano SIM
NFC Non
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 4000 mAh
Dimensions 161,62 x 75,4 x 9,25 mm
Poids 190 grammes
Couleurs Noir, Gris
Prix 414€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone fourni par notre partenaire Gearbest.

Design

Le Black Shark n’est pas là pour faire dans la sobriété ; à l’égal des ordinateurs dédiés aux joueurs, il n’hésite pas à arborer des lignes franches et agressives. Si vous souhaitez avoir un smartphone qui sorte véritablement du lot, on ne peut nier qu’il remplira parfaitement cet office.

Pourtant, en admirant sa face avant, tout cela n’apparaît pas forcément au premier coup d’œil. Il est en effet relativement basique, voire même vieillot sous cet angle. Son grand écran 5,99 pouces est en effet loin d’essayer de prendre l’intégralité de la surface, et est ainsi surplombé d’une grande bordure accueillant une large grille haut-parleur et la caméra à gauche. En bas, la bordure reste assez prononcée et accueille encore une fois un large lecteur d’empreintes comme on en avait pas vu depuis quelques générations. Deux touches capacitives l’entourent, mais celles-ci ne sont pas du tout marquées.

Surtout, son faciès est très arrondi, rappelant les smartphones Samsung d’il y a quelques années maintenant, et le téléphone est cerclé d’un coloris vert relativement discret, mais efficace. Sur la tranche droite, on retrouve les boutons de volume ainsi que de verrouillage. Ceux-ci sont assez resserrés entre eux, faisant qu’il faudra prendre le coup de main avant de cesser d’appuyer par mégarde sur le verrouillage plutôt que volume bas. La tranche gauche accueille sur le haut la trappe double SIM, et un slider permettant d’activer le Shark Space — nous verrons cela dans la partie logicielle.

Rien de notable en haut, mais le bas dispose d’un unique port USB type C entouré de deux grilles de haut-parleurs. Oui, pas de prise jack pour un smartphone gamer, ce qui continue de nous étonner : si l’on veut streamer sa partie, comme il est commun pour les joueurs désormais, il paraît indispensable d’avoir un casque. Tant pis, l’adaptateur est au moins fourni.

Nous voilà enfin venus à la pièce de résistance : le dos de l’appareil. C’est là que la personnalité très agressive du Black Shark s’exprime : nous avons le droit à des lignes dignes d’une soucoupe volante. Ce design ne serait pas renié par les appareils Predator d’Acer, ROG d’Asus ou encore Alienware de Dell. Malgré tout, le rendu est bien plus sobre en vrai qu’il ne l’est dans les rendus officiels : je dois bien avouer que je m’attendais à un téléphone plus criard que ça.

C’est sans compter sur le logo du téléphone ceci étant, qui s’allume grâce à une LED verte lorsque vous recevez des appels, une notification, ou que vous le mettez à charger. Sorti de ça, le double capteur photo logé en haut devient presque invisible tant les autres parties prennent l’ascendant sur lui. Petit problème cependant : le tout est très glissant puisque manquant de texture, les quelques petites parties en surimpression autour du logo n’endiguant en rien cela.

Le tout est… réussi ? Disons que le Black Shark respire la qualité de fabrication, et qu’il est loin d’apparaître « cheap » face aux autres téléphones. Maintenant, une telle personnalité affichée ne sera pas au goût de tous, ce qui est bien naturel. Ceci étant explicité, j’ai tendance à détester les designs « gamer » des ordinateurs portables, mais celui du Black Shark est loin de me déranger. De plus, ses larges bordures me semblent utiles une fois en mode paysage pour jouer.

Manette Black Shark

Le Black Shark a la particularité d’être vendu avec une manette Bluetooth disposant de sa propre batterie. Ou plutôt une demi-manette, puisqu’il s’agit d’un petit morceau de plastique se plaçant à la gauche de l’appareil à l’horizontale et accueillant un joystick, un bouton de connexion, un bouton de tranche et une gâchette. Attention : pour qu’il s’intègre à votre smartphone, vous aurez besoin d’utiliser la coque également fournie.

Le joystick en lui-même est d’assez bonne qualité, mais le reste pèche quelque peu. Le positionnement et la relative finesse du bouton de tranche font qu’il est difficilement atteignable une fois en jeu : on s’en sert très peu. Quant à la gâchette, il ne s’agit que d’un simple bouton sans aucune course, extrêmement rigide.

Malgré tout, son intégration est plutôt bien pensée et très efficace. C’est également un des rares accessoires qui a vraiment été prévu avec le smartphone, faisant qu’il évite les écueils des manettes Bluetooth traditionnelles requérant souvent le root pour être parfaitement utilisables. Puisqu’elle est fournie avec le smartphone et parfaitement intégrée de manière logicielle, nous n’avons pas vraiment à cœur de nous en plaindre plus que de raison : elle remplit son office.

Écran

Le Xiaomi Black Shark s’équipe d’un grand écran LCD de 5,99 pouces en définition Full HD+ et au ratio 18:9. La qualité de l’affichage est qui plus est aidée par une puce Pixelworks exclusive afin d’améliorer la qualité des jeux.

À l’œil, la dalle est en tout cas très plaisante et ultra lumineuse. Les couleurs semblent plutôt bien calibrées, et sont vibrantes sans être trop contrastées. Si le design ne met pas forcément en avant la dalle, celle-ci sait nous agripper. Malgré tout, le rendu paraît froid, un brin plus froid que ce qui se fait actuellement.

Notre sonde nous indique une luminosité maximale de 475 cd/m², un score confortable qui s’ajoute à un bon taux de contraste de 1459:1. La température de couleurs est par contre effectivement très froide, relevée à 8500K en moyenne.

Ceci étant, notons que l’interface Joy UI propose un calibrage intégré, vous permettant d’être en « mode Cinéma » (par défaut), « mode naturel » ou « mode repos des yeux » tout en poussant la température de plus chaude à plus froide. Vous avez donc facilement la possibilité de contrebalancer tout ça.

Logiciel

Note importante : nous avons en test la version globale du Black Shark, qui est vendue exclusivement sur Gearbest. À ce titre, elle est bien différente de la version chinoise qui utilise MIUI, et il nous est impossible d’en connaître le suivi logiciel à venir. C’est donc un risque à considérer, d’autant que nous n’avons pas pu retracer la provenance de notre build qui n’est disponible sur aucun site de téléchargement.

Pour cette version globale du Black Shark, ne vous attendez pas à voir MIUI. Curieusement, c’est un Android 8.1 Oreo proche du stock qui nous accueille, avec seulement quelques détails manquants comme le volet Google Now sur la gauche de l’accueil. Nous avons donc ici un smartphone chinois avec… un tiroir d’applications ! Sortez les popcorns !

Pour le reste, l’expérience est donc relativement connue (et plaisante). La personnalisation de l’interface ne manque pas, comme la possibilité d’afficher des boutons de navigation virtuelle ou de faire appel aux touches capacitives sous l’écran. Autrement, nous sommes ici en terrain connu sur lequel il ne sert à rien de s’étaler.

C’est évidemment les modifications logicielles liées aux jeux vidéo qui sont les plus intéressantes. La plus grande particularité du Black Shark en ce sens est de disposer d’un mode Shark Space, que l’on active en faisant glisser le bouton poussoir sur la gauche de l’appareil. L’interface change alors drastiquement, vidant automatiquement votre utilisation de RAM et passant directement en mode paysage.

Ici, vous retrouverez tous vos jeux, comme vous le feriez en lançant Steam en mode Big Picture. Si un titre n’est pas automatiquement repéré, vous avez la possibilité de l’ajouter en passant dans les menus. Par ailleurs, il est également possible d’activer la puce PixelWorks pour améliorer le framerate des jeux, une option qui n’a visuellement pas eu vraiment d’impact repérable en test.

Surtout, une fois en jeu, il vous est possible de glisser sur le lecteur d’empreintes, transformé en pavé tactile, pour ouvrir un panneau d’options. Ici, vous pourrez gérer la priorité de vos notifications, mais également activer un mode haute performance pour booster toujours plus le SoC du téléphone (au détriment naturellement de l’autonomie). Il vous est également possible de vérifier votre Wi-Fi, d’activer le mode nuit ou encore de couper les boutons de navigation, pour être sûr de ne jamais être interrompu.

La fonctionnalité principale, et la plus utile, est « Gamepad ». Celle-ci vous permet de définir les zones de l’écran avec lesquelles interagiront vos boutons physiques, vous permettant de configurer efficacement vos deux boutons physiques et votre joystick. La configuration est très intuitive et rapide, et peut être reconfigurée en un rien de temps même en jeu.

Un souci notable avec l’interface sur cette version globale est sa traduction aléatoire. Les fonctionnalités Android classiques sont bien traduites, mais les menus ajoutés sont toujours en anglais. De plus, certaines fonctionnalités (notamment le Gamepad) restent uniquement disponibles en chinois. Rien ne gêne vraiment à la navigation, et il est très facile de s’y retrouver, mais on aurait apprécié un peu plus de polissage.

Performances

Se voulant smartphone « gamer », le Xiaomi Black Shark se doit naturellement d’intégrer les composants les plus puissants de sa génération. C’est donc sans surprise que le Snapdragon 845 est de la partie, couplé à 6 ou 8 Go de RAM au choix (notre version de test est la version 6 Go).

Au rang des promesses, on notera que le constructeur chinois a particulièrement mis en avant son système de refroidissement liquide qui se veut être plus performant que ses compétiteurs. Au quotidien, le Black Shark ne rencontre en tout cas aucun problème sur une utilisation classique et est parfaitement fluide : le contraire eut été étonnant.

 Xiaomi Black SharkXiaomi Mi 8Galaxy S9OnePlus 6
SoCSnapdragon 845Snapdragon 845Exynos 9810Snapdragon 845
AnTuTu 7.x288 661 points266 201 points242 627 points267 316 points
PCMark 2.07 776 points8 245 points5 418 points8 233 points
3D Mark Slingshot Extreme4 553 points4 162 points3 244 points4 668 points
3D Mark SSE (Graphics)5 205 points5 164 points3 532 points5 204 points
3D Mark SSE (Physics)3 165 points2 478 points2 525 points3 430 points
GFX Bench Car Chase (onscreen / offscreen)33 / 35 FPS33 / 35 FPS26 / 28 FPS32 / 35 FPS
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)59 / 84 FPS59 / 82 FPS57 / 73 FPS58 / 71 FPS
Lecture / écriture séquentielle747 / 205 Mo/s729 / 192 Mo/s820 / 204 Mo/s718 / 154 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire33k / 34k IOPS34,5k / 5,6k IOPS32,8k / 5,8k IOPS35,9k / 5,6k IOPS

Le Black Shark est fait pour le jeu, c’est d’ailleurs son plus grand argument. Aussi, il se doit nécessairement d’être au-dessus du lot sur ce point. Et il faut dire que… c’est réussi.

Sur Arena of Valor, aux réglages maximum disponibles sur le titre, le jeu ne souffre d’absolument aucune chute de framerate et garde un 60 FPS constant. La manette est ici assez utile, puisqu’elle permet de se déplacer plus efficacement, de vraiment se concentrer sur ses lancées de sorts et de libérer l’écran pour bien voir les ennemis alentour.

Sur PUBG Mobile, c’est encore mieux : le jeu tourne en réglages graphiques HDR avec le framerate max et l’anti-aliasing activé. La modification dynamique des graphismes est désactivée. C’est plutôt simple : je n’ai jamais vu PUBG Mobile aussi fluide et aussi beau. La manette est qui plus est un avantage indéniable, presque abusif, par rapport aux autres puisque canarder tout en se déplaçant latéralement devient un jeu d’enfant.

Enfin, un dernier jeu me tenait personnellement à cœur : Honkai Impact 3rd. Inspiré du titre Bayonetta dans son gameplay, il tourne une nouvelle fois au maximum de ses capacités et est vraiment sublime sur le Black Shark. La manette, que j’espérais salvatrice, est par contre peu utile pour ce beat’em all en 3D : manquant de contrôles caméra et de boutons d’attaque, elle ne rajoute rien à l’expérience et la rend même plus frustrante qu’auparavant. Mieux vaudra donc s’en passer.

Notez que nous avons tenté de tester ses capacités sur Fortnite, d’autant que le jeu est listé comme compatible avec l’appareil par Epic Games. Problème étant qu’il est impossible de lancer une partie, sortir du bus nous faisant automatiquement quitter la partie pour tricherie. Les manettes n’étant pas acceptées sur le jeu pour le moment, il semble que l’interface du Black Shark fait que l’on est kick des serveurs automatiquement… même lorsque la manette n’est pas connectée ou que le mode Black Space n’est pas utilisé. C’est bien dommage.

Tout cela est malgré tout excellent, mais il existe un véritable problème : la chauffe. Malgré la mise en avant de son système de refroidissement liquide, le Black Shark chauffe très vite et très fort ; le téléphone devient rapidement brûlant — 42°C au CPU — et peu agréable à tenir en main. Il refroidit tout aussi vite, mais on s’attendait à bien mieux.

Appareil photo

Capteur photo arrière

Si l’emphase est sur le jeu, impossible de passer à côté de la photo malgré cela. Le Xiaomi Black Shark s’équipe à l’arrière d’un double capteur photo dont le principal est un 12 mégapixels à objectif ouvrant en f/1,75 et un second de 20 mégapixels. Il profite également du HDR et d’un mode intelligence artificielle.

En plein jour, les photos sont plutôt bonnes avec un piqué plutôt doux, mais un très fort taux de détail. Les couleurs sont respectées, et le rendu vraiment très bon. Cependant, la vitesse d’obturation est assez lente et peut parfois être frustrante. Si la qualité finale est là, il faudrait que la facilité d’utilisation suive.

On note directement un point : le HDR n’est pas actif par défaut, et ne change presque rien aux clichés une fois activé. L’IA elle est présente, mais on a surtout l’impression d’avoir passé son cliché dans un filtre Instagram en poussant les détails et le contraste au maximum. Le rendu n’est pas très plaisant, puisqu’il manque de retenue : on sent qu’une machine est passée par là.

En intérieur, le rendu est assez bon bien qu’un peu plat. Le piqué de l’image est terni par un lissage tout de même assez conséquent de l’image au général, et une balance des blancs qui n’est pas exceptionnelle sans être catastrophique. Surtout, l’appareil peine à trouver le focus et est toujours plus frustrant à utiliser, quand bien même le résultat final est tout à fait utilisable.

De nuit, la balance des couleurs est plutôt juste… mais le Black Shark tremble face à la moindre plage étendue de couleurs, et les blancs se retrouvent très souvent brûlés. Le bruit se fait très présent, nuisant à la netteté, et la précision de l’image part à vau-l’eau. Le mode IA vient lisser toujours plus la photo qui s’en retrouve très dégradée. Malgré tout, le résultat final est tout à fait utilisable pour peu que l’on ne soit pas trop regardant.

Capteur photo avant

Le capteur avant est un unique module de 20 mégapixels à objectif ouvrant en f/2.2. C’est sûrement le plus gros point faible de cette expérience : les couleurs sont ici bien ternes et les détails manquent vite à l’appel lorsque la lumière naturelle n’est plus présente. De nuit, le bruit est vraiment présent sur les clichés.

Mode portrait

Un mode portrait est disponible aussi bien à l’arrière qu’à l’avant. Efficace, il est tout de même loin de ce qui se fait de mieux actuellement. Les téléphones Huawei/Honor milieu de gamme, à titre d’exemple, ont une meilleure reconnaissance des limites du sujet et un effet plus naturel. Ceci étant, c’est tout de même efficace.

Au global, l’expérience photo n’est pas mauvaise, mais loin d’être bonne. On espérait mieux, mais c’est tout de même plutôt bon compte tenu du fait que le Black Shark n’a jamais eu l’ambition d’être un photophone. Il est simplement serviable, à l’image du

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